Présentation


. Afrique
. Traversée du désert du Sahara de Sidi Ifni (Maroc) à Nouadhibu (Mauritanie).
. Observation de l’éclipse totale du soleil depuis les hauts plateaux de Kloto (Bénin).
. Immersion au Pays Dogon au coeur du Sahel malien (Mali).



. Amérique Latine
. Entre les tangos endiablés de Buenos Aires et le silence envoûtant de Tierra del Fuego (Argentine).
. Titicaca, le plus haut lac naviguable du monde et ses îles flottantes des Uros (Bolivie-Pérou).
. Descente du cours de l’Amazone d’Iquitos (Pérou) à Belém (Brésil).
. Hisser les voiles et flotter d’îles en îles jusqu’à Cuba (îles des Caraïbes).
. Du désert du Sonora à celui de l’Arizona (Mexique-Etats-Unis)



. Asie
. Au départ de Varanasi, remonter la vallée du Ganges (Inde). .Solitude méditative sur les sommets Tibétains. (Tibet) .Royaume de Bagan, la plus importante cité médiévale de l’Asie (Birmanie).
. Traversée des steppes Mongoles en empreintant la ligne Pékin-Moscou du Transsibérien (Chine, Mongolie, Russie).



. Australie
. Des mystères du Mont Uluru à ceux de la montagne KataTjuta.
. Sur le fil de Blencoe Falls jusqu’aux berges de Zoe Falls.
. Partir à la découverte des arts et saveurs aborigènes.



. Europe
. Malérargues, comme point de départ.
. Telle une couronne posée sur la Colline Rouge, la citadelle de L’alhambra fascine (Espagne).
. Quelque part sur le cercle polaire entre terre, eau, glace et mer (Norvège).

Vendredi 10 février 2006 5 10 /02 /Fév /2006 19:43


Tibo Streicher, le monde pour atelier
 


Installé désormais dans les Cévennes, il signe une dernière exposition à Strasbourg.
Avant de faire un tour du monde, financé en partie par ses collectionneurs.

Deux ans pour parcourir, seul, les cinq continents. « Mais s'il faut trois ans, ce sera trois ans... » Le temps ne lui manque pas. A 25 ans, Tibo Streicher peut encore se permettre quelques souplesses de calendrier. Il ne sait d'ailleurs pas encore très bien s'il partira en mars ou en avril. Et s'il attaquera son tour du monde par l'Afrique ou par l'Asie. Une chose est assurée : il partira. Barbe et chevelure de pâtre grec, Tibo Streicher a la tête de celui qui, après s'être un peu lassé de la vie trépidante de la ville, a choisi l'isolement dans un village des Cévennes. Non pas pour y faire pousser des chèvres dans un lointain remake du retour à la nature post-soixante-huitard, mais pour y poursuivre ses recherches picturales. « Là-bas, tu n'as pas le choix : tu bosses... », dit-il, en évoquant ses années strasbourgeoises « où il ne se passait pas deux soirs sans que j'aille au ciné, au théâtre ou au concert ».

Et puis l'isolement est relatif. Sa maison se trouve intégrée au site du Centre artistique Roy Hart.« C'est très cosmopolite. Des gens viennent du monde entier pour animer ou suivre des stages sur la voix. Tout en étant dans mon trou, j'ai une ouverture sur l'extérieur. »
Une trajectoire longtemps marquée par l'incertitude, quant au cap à suivre. Originaire de Lapoutroie, Tibo débarque à Strasbourg à 18 ans, réussit le concours d'entrée aux Arts Décoratifs, mais quitte l'école au bout de six mois. « Je ne savais pas encore bien ce que je voulais faire. Le théâtre, le chant, la scène d'une façon générale, m'attiraient beaucoup. Mais la peinture aussi... »

C'est finalement la logique économique qui l'a porté à privilégier la peinture : « J'ai montré mon travail dans des foires, puis en galeries. Il me permet de vivre. Depuis, quelques collectionneurs me suivent, à Paris, Strasbourg, Reims, Bordeaux... » Le suivent ? Au sens propre et figuré. Une cinquantaine d'entre eux ont accepté de financer partiellement son tour du monde. Rien de faramineux : contre 240 € chacun, - somme pouvant être mensualisée à 10 € par mois -, ils recevront, « du bout du monde », dix oeuvres originales. « Des dessins, des aquarelles, des montages photos, ce que je pourrai faire sur place, en fonction des moyens, de l'humeur du moment. »

L'effet de surprise, l'écho d'un ailleurs toujours renouvelé au gré des envois, le voyage par substitution, ou tout simplement l'intérêt porté à son travail, dont cet itinéraire vagabond constitue une nouvelle étape : « Je rencontre dans ce projet tout un panel de motivations », constate Tibo. Qui a baptisé cette opération Libre point. « Un point qui se promène sur la carte du monde... »

Et qui s'est arrêté pour un court temps à la galerie No Smoking à Strasbourg, où il montre ses derniers travaux - les plus récents se révélant les plus convaincants. Sur une toile rendue photosensible, recouvre ensuite avec de la peinture à l'huile et des pigments. En résultent une distance, une irréalité, avec des lieux dont la présence physique est, de fait, particulièrement rude, tout en se révélant onirique. « Un quai de gare, au-delà de sa banalité, c'est déjà l'appel du voyage », considère Tibo. Ces lignes de rails fuyant vers un horizon sans fin, aux couleurs parfois délavées, parfois brillantes dans la superposition des glacis, portent en elles de somptueuses promesses. Dans le regard de Tibo défilent déjà le Gange, la Cordillère des Andes, le Sahara, la Mongolie, le Pays Dogon...

Serge Hartmann


Jusqu'au 18 février chez No Smoking, 19 rue Thiergarten, à Strasbourg. Du mercredi au samedi, 15 h à 19 h.

Par tibo - Publié dans : librepoint
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Itinéraire


   A 25 ans, Tibo Streicher a déjà derrière lui un joli parcours. Artiste peintre au style plein de nostalgie et de profondeur, son travail fait preuve d’une maturité étonnante et lui vaut le soutien de fidèles collectionneurs. De nombreuses expositions, aussi bien personnelles que collectives, jalonnent sa jeune carrière. Elles lui ont valu quelques critiques enthousiastes qui permettent de présager un joli futur à ce poète inspiré qui s’envolera, début 2006, pour un tour du monde révélateur.


 Partagé entre le Cévennes (où il possède un atelier) et Paris, Tibo Streicher a échafaudé un projet de tour du monde pas comme les autres afin d’élargir son champs d’investigation, nourrir son inspiration et confronter ses jeunes certitudes. Ce projet va voir le jour grâce au soutien d’une cinquantaine de collectionneurs qui ont d’ores et déjà accepté de financer pour partie cette expédition en échange de dessins que l’artiste leur enverra, tous les trois mois, du bout du monde. Ces carnets de voyage épistolaires, qui serviront autant à garder le lien qu’à partager les émotions au fil d’étapes préalablement établies formeront une œuvre originale, à la fois globale et diffuse. Chaque abonné à ce voyage par souscription et délégation en sera le dépositaire. Le projet est magnifique et pour ce poète inspiré par les paysages urbains, les friches industrielles et toutes les traces de civilisation, la confrontation s’annonce prometteuse.
 L’ idée d’en découdre avec les paysages qui constitueront son itinéraire le galvanise. Et comment ne pas rêver, comme lui, à l’idée de traverser le désert du Sahara de Sidi Ifni au Maroc, de s’immerger au cœur du Pays Dogon (Mali), de se laisser emporter par la fougue d’un tango endiablé à Buenos Aires ?
 Les dessins et aquarelles qu’il enverra au fil de ses étapes promettent de porter la trace émotionnelle de ce périple qu’il nous invite à vivre avec lui, comme autant de témoins. Comme une famille laissée sur place à qui l’on donne plus que des nouvelles... la couleur de ses sentiments. Le témoignage Tibo laissera assurément une trace fondatrice dans son œuvre. Il marquera un tournant important dans le travail de ce peintre mûr pour ce type de découverte. Le suivre dans cette quête, c’est plus que l’accompagner, c’est participer à une mutation riche de sens. Tibo cherche encore une dizaine d’amateurs avant de hisser les voiles. Son invitation au voyage ne peut laisser insensibles les amateurs d’art. L’engagement sur deux ans est de 240 euros pour dix œuvres originales sur papier. Par souci d’accessibilité, l’artiste a prévu la possibilité d’un abonnement mensuel de 10€ .
Et si vous partiez avec lui ?



Bruno Lecoq,
rédacteur en chef de "Tentation".

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